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Sur le champ de foire, à Quimper, des manifestants attendent le départ de cette manifestation datée du 9 mai 1968 (?) dans nos archives. Ils protestent « contre les conditions economiques et la crise du travail dans la region ». : Archives Ouest-France.Que s'est-il passé à Quimper en mai 1968? Les Archives départementales gardent deux liasses consacrées à cette période. On y trouve de nombreux tracts syndicaux, des actes administratifs comme l'autorisation faite au Syndicat de l'enseignement laïque du Finistère d'utiliser une voiture avec haut-parleur pour la manifestation du 8 mai sur les allées de Locmaria.
Cette manifestation du 8 mai, les coupures de presse de l'époque l'évoque de longue date comme une grande mobilisation. On publie des appels des bouchers et charcutiers, de l'Union patronale des prothésistes-dentaires, de la CGC, du Syndicat indépendant des primeuristes, de la fédération des des syndicats des paysans indépendants, d'Ar Falz, du PSU, de l'Union féminine civique et sociale, de la Jeunesse ouvrière chrétienne...
La mairie appelle les commerçants à se joindre
Le cortège est encadré par un service d'ordre. On prévoit de garer les cars et voitures de Concaneau sur les allées de Locmaria, ceux de Quimperlé-Scaër-Rosporden dans la cour de l'auto-gare, Douarnenez et Pont-l'Abbé iront place de la Tour-d'Auvergne. Le jour de la manifestation, 16 000 personnes se rassembleront sur le champ de foire (l'actuelle place de la Tourbie) pour le meeting de 10h, rapporte Ouest-France le lendemain.
« On y verra en égale proportion, annonçait Ouest-France, ouvriers et paysans, paysans de la région quimperloise, du pays bigouden, de Douarnenez, du Cap, du bassin de Châteaulin, également plus nombreux que dans les autres points de rassemblement du département, des marins, des marins-pêcheurs de Concarneau, Douarnenez et des autres ports du Sud-Finistère. »
La municipalité de Quimper, à l'époque dirigée par le socialiste Léon Goraguer, avait appelé les commerçants à fermer de 10h à 12h pour se joindre au mouvement.
Un autre tract intersyndical, qui appelle à manifester le 13 mai, fait référence aux « très graves événements qui se sont produits dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 mai au Quartier latin à Paris. » C'est la Nuit des barricades, point culminant des violences entre étudiants et CRS qui range l'opinion publique du côté des étudiants et aboutit au lancement d'une grève nationale le 13 mai: « Toutes et tous au coude à coude dans la grève générale de 24 heures », dit le tract.
D'autres défilés marqueront le mai quimpérois, comme le 27 mai lorsqu'on compte 6000 manifestants place Saint-Corentin, à l'appel de la CGT, de la CFDT, des Autonomes et de la Fen (contre 15000 à Brest, où l'Arsenal joue un rôle déterminant). M. Normant y prend la parole pour la CGT: « L'unité qui se réalise prouve que les travailleurs sont décidés à ne plus subir. Nous ne voulons rien détruire, nous voulons au contraire construire des structures nouvelles plus justes. 1968 comme 1936 doit marquer le début d'une ère nouvelle. »
Les cheminots occupent la gare
Le 22 mai, « les industries métallurgiques et les BTP sont à leur tour touchés par le mouvement ainsi que les organismes sociaux ». Toutes les écoles du Finistère sont fermées y compris les écoles privées de Quimper. Les salariés des Papeteries d'Odet expriment leur mécontentement vis-à-vis du patronat. Le 28 mai, 60% du personnel de la préfecture est en grève.
Hors des grand meetings, on perçoit peu de chose de ce qui fit le fourmillement de mai: la création des comités d'action lycéenne est évoquée au travers d'un communiqué du Sgen.
Le 20 mai, c'est la grève totale à la SNCF: les cheminots occupent la gare de Quimper pour une durée illimitée. Le 29 mai, les cultivateurs tiennent meeting à Plonéour-Lanvern. Ce même jour, 150 travailleurs de la Compagnie des transports du Finistère occupe les locaux du garage de Qumper.
Le 1er juin, on enregistre « plusieurs milliers de manifestants » à Quimper, mais on note déjà des mouvements de reprise dans le BTP.
Even VALLERIE.
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