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Amélie Cousin ou le bonheur des sentiers buissonniers. Pays d'éternelle jeunesse
De retour en France, elle se fait commerçante et parcourt en fourgonnette les marchés et braderies de l'Hexagone pour vendre des produits mexicains, boliviens, péruviens... Jusqu'au jour où, peut-être lassée de cette vie nomade, elle décide de poser son sac à Quimper.
Un hasard ? Presque. Elle ne connaît pas la ville mais de passage pour le Taol Balaen (la grande braderie du mois d'août) elle repère rue Elie-Fréron un pas de porte à louer. « Je comptais y rester six mois », s'amuse-t-elle. Dix ans après elle y est toujours et sa boutique, à l'angle de la rue Verdelet, se nomme « Shangrila ». Un nom étrange pour qui ne connaît ni le Tibet pas plus que le Népal. Là-bas il évoque un pays mythique de bonheur et d'éternelle jeunesse, sorte de Tir nà nog oriental.
À la toute fin du XXe siècle, dans sa boutique quimpéroise, au milieu des vêtements sud-américain, Amélie a bien conscience qu'il lui faut se diversifier. Et comme elle a un faible pour les textiles orientaux, en 2002 elle s'en va à Katmandou acheter des tissus.
« Jamais je ne négocie... »
Elle repère les tissus sur les marchés et, à l'aide de son anglais basique, remonte les filières de production et de transformation. Avant de se rendre compte qu'il va lui falloir dessiner elle-même les vêtements qu'elle souhaite pouvoir vendre rue Elie-Fréron. « Des grandes tuniques, des pantalons, rien que du très simple. Je dessinais un peu mais j'ignorais tout des cotes et ce sont les Népalais qui vont me former ». Les contacts ? « Pas facile la première fois mais après tout va bien. C'est vrai que je pourrais acheter chez les grossistes à Paris, mais en traitant directement avec les ateliers, je suis certaine qu'il n'y pas d'enfants à y travailler ». Quant aux prix ? « Jamais je ne négocie, leurs prix sont les miens. Je suis la seule de la branche à pratiquer ainsi ».
Trois à quatre fois par an, pour s'approvisionner, elle prend le chemin de Katmandou où traînent encore quelques vieux « babas » décatis. Dans ses valises elle apporte des crayons, du papier, des vêtements pour les enfants des nombreux orphelinats. En 2009, retour vers l'Amérique du Sud pour vivre quelque temps chez les Indiens Kitchua dans la forêt amazonienne, avec dans ses bagages, du sel, de l'huile, du riz et des médicaments.