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Karine Pasquier (N°6), ici lors de sa victoire au championnat de Bretagne de cross à Carhaix, possède le second temps de l'année sur 5 000 m. : Vincent MouchelCette saison, elle accumule les succès, toujours avec le même sourire. « Elle a fait le triplé (départementaux, régionaux et inter-régionaux) sur la saison de cross, signale son coach. Peu de Bretonnes l'ont réussi par le passé. » 6e au France (5e française), elle s'est encore surprise à Laval. « Elle est ravie. Toute sa famille est ravie. Elle a franchi un cap, depuis qu'on a terminé un gros travail sur le mental. » Pour Philippe Daniel, c'est du pain béni. « Elle a beaucoup de caractère, mais c'est quelqu'un de très sympa, très attachant. Elle sait ce qu'elle veut. »
Trois jours de congé
Et ce qu'elle voudrait à Albi, aux championnats de France Élite, jeudi soir, c'est forcément la gagne. D'après son entraîneur, le challenge est réalisable si on se référe au temps. « Elle possède le 2e temps sur le 5 000 m, à six secondes du premier. Elle peut viser la seconde place, voire mieux. » Sa dernière sortie sur la distance à Quimper, sous une pluie battante, dans une course avec des garçons, s'est soldée par un temps canon : 16'32''. depuis elle a changé de catégorie et à Albi, sa performance dépendra de deux paramètres.
Sa stratégie de course d'abord. « Pour la gagne, moi j'essaierai plutôt de suivre la Marseillaise, Saadia Bourgailh (meilleur temps), avec le risque d'exploser. Mais il y a aussi la solution de courir avec Marie-Noëlle Jacquet (3e temps), championne de France de cross court, qui vient de gagner le France national 2 sur 5 000 m et qui visera le podium. » Le second paramètre sera la température. « Hier, il faisait 32° à Albi et 20° seulement à Quimper. Cela, on ne maitrise pas. » D'autant plus que Karine Pasquier n'est pas beaucoup aidée par la fédération, comme bon nombre d'athlètes de haut niveau comme elle. « Avec cette course un jeudi, elle a dû prendre trois jours de congé. On part mercredi midi, après sa matinée de travail... »
Dure la vie d'athlète française lorsqu'il faut concilier des journées de dix heures de travail, sa vie de couple et ses 90 km d'entraînement hebdomadaire. Même si ça vaut le coup avec la Quimpéroise qui, à 31 ans (en novembre), possède encore une grosse marge de progression. « Elle arrive à maturité et n'est pas usée ni physiquement, ni mentalement. Mais il y a le désir de maternité. Si c'était un garçon, je lui donnerais encore quatre ou cinq saisons à courir... »
Yannick LE TUTOUR.