Au pont Albert-Louppe, le Tour déploie ses voiles
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Il est 12 h 25. Les cyclistes, serrés comme des sardines, franchissent enfin les 880 m du pont Albert-Louppe. Le kilomètre « zéro » du Tour de France. Quarante-deux mètres plus bas, en solitaire, un vieux gréement salue les sportifs. Sur le pont, 2 000 habitants de Plougastel-Daoulas et du Relecq-Kerhuon, tous membres d'associations, ont obtenu le privilège - venteux - de suivre le départ depuis l'ouvrage.
Le cadre est grandiose : rade de Brest d'un côté, estuaire de l'Elorn de l'autre, avec le nouveau pont de l'Iroise (1994), ses haubans tels des voiles.
« Allez les Bleus »
Côté Plougastel, un public nombreux patiente. Beaucoup sont arrivés vers 9 h. Ou avant. Dans les groupes, l'émission de Drucker, la veille, à Brest, est vivement commentée. La pluie et les rafales de vent n'ont échappé à personne. « Dommage, c'était quand même une belle vitrine pour Brest 2008 », regrette un spectateur.
Heureusement, la caravane publicitaire - belles carrosseries et cadeaux à gogo - vient distraire les esprits chagrins et fait le bonheur des petits et des grands. Les bras se tendent, avides. Pêchent des stylos Force ouvrière, des bonbons, porte-clés, casquette, etc. « Encore ! » hurlent les enfants. C'est la fête. « Allez les Bleus ! s'égosillent des jeunes quand passent les voitures de la gendarmerie nationale. Donnez-nous des points ! »
Il n'est même pas 12 h 26 que les cyclistes ont déjà disparu. « C'est déjà fini ? » interroge un garçon. « Ben oui... », répond son père, aussi étonné. Mais pour les coureurs, tout commence...
Laurence GUILMO.
Ouest-France