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Le record d'affluence a été largement battu aux Vieilles Charrues. On a compté 215 000 festivaliers pendant les quatre jours du festival. : Marc OllivierLe bilan de l'an dernier n'est qu'un mauvais souvenir. Et il n'annonçait pas une tendance lourde. « La météo favorable, une programmation plus axée vers le jeune public, voilà ce qui, je pense, a contribué à cette forte fréquentation. » Jean-Philippe Quignon ajoute que, « dans un contexte morose, les gens ont besoin de ces moments de liberté et de fête. Etre sur une autre planète pendant quatre jours, ça fait du bien, et pour nous aussi ».
Public plus jeune
Le plateau artistique était effectivement à la hauteur des attentes du public. Que ce soit Ben Harper ou Motörhead le jeudi d'ouverture, les drôleries caustiques de Maïon et Wenn, l'engouement du public pour Christophe Maé, le rock surpuissant de ZZ Top le vendredi, l'immense talent de Gad Elmaleh, les adieux de Matmatah ou l'incroyable Beth Dido, la chanteuse de Gossip le samedi, la légèreté de The Do ou la fraîcheur de Vanessa Paradis le dimanche, tout cela a attiré un public varié, mais aussi peut-être plus jeune que d'habitude.
Cachets hallucinants
La belle fréquentation de la scène électro est aussi le signe que les Vieilles Charrues savent s'adapter aux musiques actuelles. Enfin, aussi incroyable que cela puisse paraître, aucun incident n'est à déplorer du côté des secours. L'association est parfaitement rôdée au niveau de la sécurité.
Cet excellent résultat permet d'envisager sereinement l'avenir. « Il faut savoir que les Vieilles Charrues restent une manifestation fragile, on a pu le voir l'an dernier », poursuit Jean-Philippe Quignon. La question que l'association va se poser, c'est celle des quatre jours de festival. « Pour tous ceux qui travaillent sur le site, et notamment les bénévoles, quatre jours, c'est beaucoup, surtout si l'on rajoute deux jours de préparation, commente l'autre co-président de l'association, Jean-Luc Martin. Et quatre jours, ce n'est pas inscrit dans le marbre. Cette année, Ben Harper et Motörhead n'étaient disponibles que ce jour-là. »
Mais l'environnement des festivals n'est pas rose. L'arrivée des world compagnies sur le marché des concerts change en partie la donne. Dans un contexte économique où les ventes de disque sont en chute libre, celui des concerts reste un débouché que les sociétés privées commencent à développer.
« C'est vrai que l'on voit des montants de cachets inquiétants, explique Jean-Philippe Quignon. Un artiste comme Neil Young a joué pour plus d'un million de dollars cet été. On ne va pas faire de la surenchère. Jamais nous ne monterons à ce niveau, sauf peut-être pour la journée du jeudi. Mais nous n'avons pas envie de rentrer dans cette course folle. »
Encore une fois, cet exceptionnel festival, l'un des rares à être organisé par une association, a rallié une foule immense et bigarrée dans le pré de Kerampuilh. Preuve que les Veilles Charrues savent toujours labourer le sillon de la qualité et de la convivialité.