Jacques Guérin, le directeur du festival, aime à le répéter :
« Au Bout du Monde, il n'y a pas de têtes d'affiche ! C'est le festival en lui-même qui est une tête d'affiche ! » La preuve : avant de signer pour cette 9
e édition, pour laquelle il joue dimanche, le grand Keziah Jones a demandé quels étaient les autres artistes programmés. La réponse l'a donc satisfait. S'il n'est pas question de faire l'impasse sur ceux qui drainent naturellement les foules, les organisateurs mettent en avant leurs coups de coeur. Comme
Ska Cubano, phénomène de scène inspiré par la Jamaïque et Cuba, qui ouvre le feu ce vendredi soir. Conseillés également,
Kwal, le conteur engagé, qui métisse le hip-hop de sonorités ethniques. Ou
Mélissa Laveaux,
« un nom à retenir » : voix cassée, gorgée de soul, cette Canadienne scande ses poèmes en anglais, français et créole. À découvrir aussi,
Gangbé Brass Band, détonante fanfare béninoise.
Quant aux Têtes Raides, authentique groupe français, Alela Diane, la pépite folk californienne, ou Camille, artiste féminine française passionnante et audacieuse, on sait déjà qu'ils valent le détour. Tout comme Émir Kusturica & the No Smoking Orchestra, l'exubérant groupe tsigano-rock mené par le guitariste-cinéaste du Temps des Gitans. Reste une seule question : Macéo Parker, monument funk, saxophoniste de James Brown et Prince et bête de scène, parviendra t'on à l'arrêter ?
Frédérique GUIZIOU.