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Il faut dire qu'ici, les propos de Roselyne Bachelot ont « choqué. » La ministre en a pris pour son grade et ses oreilles ont dû siffler. « Nous sommes abasourdis. Elle nous dit que 70 % des Carhaisiens refuseraient de se faire soigner à Carhaix. D'où vient cette statistique ? », s'indigne un vieux carhaisien.
Le comité de défense et de développement, que préside le cardiologue Jean-Yvon Roudaut, dénonce un rapport « instruit uniquement à charge, avec une manipulation grossière des chiffres. Un seul exemple : cibler 28 interventions particulières sur 1 600 réalisées en 2006 pour calculer un taux de mortalité effrayant. » Autre « contre-vérité » que relève le comité de défense : « À l'inverse de ce que prétend le rapport, depuis 5 ans, le taux d'infections nosocomiales à Carhaix est inférieur à la moyenne régionale. Le taux actuel de césariennes (18,4 %) à la maternité est voisin de la moyenne nationale. »
Résistance
Alors, pourquoi « s'acharner » sur le centre hospitalier de la capitale du Poher ? Michel Balbot a une réponse : « Le ministère veut faire de Carhaix un exemple de sa politique de restructuration des hôpitaux. C'est pour cela que le combat de Carhaix est celui de l'ensemble des hôpitaux de proximité de France. »
En attendant, « la résistance » s'organise. Hier, à l'issue du rassemblement, des « volontaires » sont venus s'inscrire pour participer aux prochaines actions qui seront menées : « Nous sommes 300 aujourd'hui, nous serons un millier dans les prochains jours », prédit Christian Troadec : « Nous continuerons à agir partout, là où l'État ne nous attend pas. Et même où il nous attend. »
Tout aussi virulent, Richard Ferrand, le vice-président du conseil général a pointé du doigt l'ARH qui, dit-il, « n'a rien fait pour donner plus de moyens à l'hôpital de Carhaix. Ce sont ceux qui ont mis le feu qui nous reprochent d'avoir le feu chez nous. »
Une nouvelle encourageante, toutefois : mercredi, le conseil régional a annoncé qu'il lançait une étude « pour faire vivre l'hôpital de Carhaix, étude assortie de propositions concrètes qui permettent le maintien d'une offre de service de qualité. »
(Lire également page 6)
Jean-Yves QUEMENER.