Cyclisme : Valverde s'offre une classique bretonne et le maillot jaune
Alejandro Valverde a frappé les esprits en s'imposant au sommet de Cadoudal. Il se positionne clairement en grand favori de ce 95e Tour de France. : AFP
Première étape. Dans un final haletant qui a rappelé les classiques du printemps, l'Espagnol s'est imposé au sommet de la côte de Cadoudal, endossant le maillot jaune. Le Tour ne pouvait pas rêver d'un meilleur départ.
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Une ferveur populaire, un public connaisseur, un parcours casse-pattes avec des routes sinueuses, du vent et une température printanière... Cette première étape du Tour de France, entre Brest et Plumelec, avait vraiment des allures de classique bretonne. Celles qui animent le début de saison des amateurs et dont la reine d'entre elles, Manche-Atlantique, se termine au sommet de la côte de Cadoudal.
Le décor planté, c'est fort logiquement qu'on a donc retrouvé dans le final de cette étape les principaux protagonistes du printemps. L'idée de Christian Prudhomme de ne pas lancer la Grande Boucle par un prologue, pour la première fois depuis 42 ans, s'est révélée judicieuse car l'escalade de Cadoudal a tenu toutes ses promesses. Digne d'une classique !
En attaquant sous la flamme rouge, Stefan Schumacher a bien tenté de refaire le coup qui lui avait permis d'empocher l'Amstel Gold Race en 2007. L'Allemand a finalement calé dans l'avant-dernier virage, là où la pente est la plus pentue. C'est à cet endroit que Kim Kirchen a surgi, comme sur la Flèche Wallonne cette année, en attaquant aux forceps à 500 m de la ligne. Si Cadoudal n'est pas le mur de Huy, le Luxembourgeois s'y est pourtant lui aussi cassé les dents. Finalement, c'est Alejandro Valverde, l'homme fort de la saison, qui a mis KO le reste du peloton.
Comme dans Liège-Bastogne-Liège au printemps, comme lors de la première étape du Dauphiné Libéré à Privas début juin, l'Espagnol a montré qu'il était bien le meilleur puncheur du peloton sur ce type d'arrivée. « La fin du parcours et surtout l'arrivée correspondaient parfaitement à mes caractéristiques, expliquait-il après avoir endossé le maillot jaune promis au vainqueur. Tout était réuni pour que je coupe la ligne en premier. »
Remontée fantastique
Au pied de la bosse, le leader de la Caisse d'Épargne était pourtant pointé aux abonnés absents. Alors que l'équipe Columbia faisait le ménage en tête de peloton pour emmener Kim Kirchen dans un fauteuil, l'Espagnol n'a voulu prendre aucun risque. « Dans le final, c'était très nerveux, dur et rapide, expliquait son coéquipier Arnaud Coyot. J'ai protégé du mieux que je pouvais Alejandro. Ce qui est impressionnant, c'est qu'il n'a pas pris de risque. Il n'a pas voulu frotter comme un vrai sprinter pour être dans les dix premiers car c'était trop dangereux. Mais dans une bosse comme celle-là, il peut se permettre d'être assez loin au pied. En un kilomètre, il a doublé quarante mecs. Chapeau ! »
Valverde a fait forte impression, mais il est encore bien trop tôt pour dire que ce Tour de France sera placé sous le joug de l'Espagnol. Car à Plumelec, les autres favoris ont répondu présent. Evans (6e) et Frank Schleck (7e) ont terminé dans le sillage du Murcian. Pris dans une cassure, Sastre (14e), Andy Schleck (17e), Cunego (21e) et Menchov (26e) ont cédé un peu de terrain, mais les sept secondes perdues devraient être une simple goutte d'eau à Paris. Hier, Valverde a simplement gagné dans son registre, remportant une classique bretonne. Avec en prime, le premier maillot jaune de sa carrière, elle ne dépareillera pas dans son palmarès.
Gérard GOURMELON.
Ouest-France