Défense : le coup d'éclat de Patricia Adam
Patricia Adam faisait partie de la commission nationale du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale depuis août 2007.
La députée socialiste du Finistère a démissionné de la commission du Livre blanc sur la Défense. Elle met en cause l'interventionnisme de N. Sarkozy.
Patricia Adam ne fait plus partie de la commission nationale du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. Lundi, la députée socialiste du Finistère a donné sa démission tout comme l'autre parlementaire socialiste membre de cette commission, le sénateur de la Nièvre Didier Boulaud.
Membre de la commission depuis août 2007, Patricia Adam met en cause l'interventionnisme du Président de la République, Nicolas Sarkozy. Elle lui reproche une série d'annonces et de décisions qui ont transformé la commission du Livre blanc en « une simple chambre d'enregistrement ».
La députée socialiste énumère une série d'annonces qui ont court-circuité, selon elle, le travail de réflexion de la commission du Livre blanc : réforme en cours des services de renseignement, création d'une base navale française permanente à Abu Dhabi, envoi de renforts en Afghanistan, retour dans le commandement intégré de l'Otan, rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur, modification considérable des implantations territoriale des unités « sans concertation avec les élus »...
Patricia Adam affirme ne pas accepter la volonté de l'exécutif de faire porter à la commission du Livre blanc la responsabilité d'un certain nombre de décisions à venir. Elle dénonce son « dévoiement ».
Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale sera présenté le 19 mai aux parlementaires par le Premier ministre François Fillon et le ministre de la Défense Hervé Morin. Il a pour rôle de fixer la stratégie de défense pour les quinze années à venir et de faire des propositions d'adaptation de l'outil de défense. La commission chargée de l'élaborer réunissait 35 membres nommés par le chef de l'Etat, dont quatre parlementaires.
Ce n'est bien sûr pas un hasard. Le coup d'éclat de Patricia Adam intervient alors que les socialistes ont décidé de croiser le fer au Parlement sur les questions de défense. Hier, ils défendaient à l'Assemblée nationale la première motion de censure du quinquennat sur le thème de la « rupture atlantiste » de Nicolas Sarkozy. Clairement, le consensus droite-gauche que l'on a connu sous François Mitterrand et Jacques Chirac en matière de défense n'est plus de mise.
O.M.
Ouest-France