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Etienne Daho
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Marie-Reine Gonidec, relaxologue, reçoit les personnes lors de séances individuelles. Elle anime également des ateliers pour les groupes. Marie-Reine Gonidec est relaxologue. Elle met en place des ateliers pour aider les personnes qui ne supportent pas d'être touchées. Les raisons : stress, culture de la performance, dépression. Témoignage d'une femme qui milite pour l'un des cinq sens, souvent oublié.
« Parfois, je reçois des gens qui ne supportent pas qu'on les touche. Or, sans le toucher nous ne pourrions pas vivre. Le nouveau-né se définit en expérimentant ses contours. Dans les bras de sa mère, il sent ainsi ce qui est lui et ce qui n'est pas lui. Un bébé qui n'est pas pris dans les bras dépérit.
Les adultes aussi ont besoin de ce contact physique. Pour les aider à surmonter leurs blocages, j'utilise différentes techniques. Au début, je pratique le massage minute, tout habillé. J'utilise des objets comme des balles ou de la pâte à modeler, pour les sensibiliser aux différentes matières. Peu à peu, on passe aux séances traditionnelles.
Notre société néglige l'un des cinq sens, indispensable à notre équilibre. Le stress, la culture de la performance mettent le corps au second plan. Les personnes qui viennent me voir sont souvent envoyées pas leur médecin généraliste parce qu'ils ne dorment plus, s'alimentent mal et ne sont plus capables de gérer leur quotidien. Ils sont souvent sous antidépresseurs. Ma mission : rééquilibrer le physique et le physiologique. Je les aide à se détendre et à retrouver leurs sensations. Bref, il faut les remettre dans la réalité objective.
Aujourd'hui, beaucoup de gens ont perdu la simplicité. Avant, il y avait des évidences qui ne sont plus. La vitesse prime. On ne se permet plus d'être lent. Il faut s'adapter en permanence et le corps fatigue. On aboutit à un non-sens. Pour lutter, on se fabrique une carapace musculaire : les épaules dans les oreilles et la mâchoire verrouillée. Certaines personnes sont en désamour de leur corps. Mais on ne peut se construire sans s'aimer.
Mon travail : amener les gens à ressentir le bien-être d'une séance de relaxation. J'organise des ateliers de 2 jours tous les deux mois. Avec des gestes, on peut donner en se préservant. Je demande aux personnes de communiquer sans la parole et le regard. C'est très instructif. Grâce au toucher, les sensations sont amplifiées. Elles font prendre conscience que nous ne sommes pas seulement un cerveau sur pattes. Le schéma corporel se dessine et on a une vision plus juste de la réalité.
Un accident, une maladie, une séparation peuvent modifier le comportement. Je ne guéris pas mais j'essaie de réconcilier les personnes avec leur corps. Cela paraît bête mais ce n'est pas si facile. Les Américains ont une technique qui s'appelle le « bonding » : il s'agit simplement de serrer quelqu'un dans ses bras. Aujourd'hui, c'est incroyable à dire, mais on ne sait plus le faire. Pourtant, c'est un geste si humain et si naturel ! »
Pratique. Renseignements à la Maison de la source, 1, rue du Stivel à Quimper. Tél. 06 70 73 68 10.
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