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Joli, un champ d'iris! Mais le brûlage prochain de 160 tonnes de fanes à Saint-Jean-Trolimon, Plomeur et Penmarc'h fait tousser. Regroupés au sein de Mouezh an Douar, des riverains estiment les fumées dangereuses pour la santé. : D.R.Pour eux, il ne fait aucun doute que ces fumées sont dangereuses pour la santé. « Une étude canadienne l'a démontré. Elle a mis en évidence que ces fumées provoquent des essoufflements et de la toux. Les asthmatiques y sont très sensibles. Surtout, les dioxines dégagées peuvent provoquer des cancers », explique une membre de l'association.
Proscrit en vain
En 2004, la Direction départementale de l'agriculture et la forêt (Ddaf) a proscrit ces brûlages... sans pour autant disposer de moyens coercitifs. « Une charte de bonnes pratiques a été créée à cette époque avec les bulbiculteurs mais faute de contraintes, elle n'a pas été respecté. Un seul des trois producteurs d'iris a fait des efforts. » La charte prévoyait notamment l'arrêt des brûlages dès que les vents souffleraient en direction des habitations voisines.
En 2006, la préfecture a mis en place une « commission brûlage » qui n'a pour l'heure pas apporté de réponses et le sujet, marginal à l'échelle nationale, ne rencontre pas d'écho chez les politiques. Quant à un éventuel label bio, il reste chimérique : le prix de revient serait supérieur au prix de vente.
Toutes les solutions envisagées ont à ce jour avorté. Le compostage avec du lisier de porc, un temps expérimenté, a été abandonné après quatre semaines d'essai. Idem de la tentative de compostage avec les déchets verts de Lezinadou. L'utilisation des fanes comme litière pour bovins n'a pas eu plus de succès.
Au sortir de la réunion annuelle avec la préfecture en juin dernier, une solution semblait se dessiner : l'incinération en usine. Mais là encore, la volonté des producteurs fait obstacle. Selon Mouezh an Douar, « les exploitants affirment que cela coûte trop chère et refusent de prendre en charge le transport et l'incinération de leurs déchets. » Autant dire que les brûlages ont de beaux jours devant eux.