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Kwal raconte la vie plutôt qu'il ne la chante. Il sera au Bout du monde vendredi soir. Des textes comme autant de poésies, contés plutôt que déclamés, Kwal et son phrasé juste racontent des histoires, celle de son quotidien mais aussi celle de son ami palestinien, enfermé derrière ses murs à Ramallah.
Pourtant une constance toujours dans son parcours de touche à tout : cet amour immodéré des mots. « Je me réalise dans l'écriture, dans mes livres, dans mes carnets de voyage. Mais quand j'écris, je pense souvent à la musique qui va accompagner le verbe, comme un habillage, pour constituer un tout ». Des vers doux-amers accompagnés parfois de sonorités arabisantes, d'autres fois de percussions africaines ou de violoncelle.
Raconter et s'identifier
Peinture réaliste d'un quartier tranquille, habité par une famille de Guinéens sans papiers dans Là où j'habite, les chansons de Kwal sont autant de questions sur la société actuelle. Recherche d'identité, lien social en perdition, solitude de la grande ville et amour difficile. Mais aussi question d'immigration, de rapport Nord, Sud et d'occupation. « La musique me sert pour parler de certaines choses, pour exprimer un côté engagé, voir militant. Écrire c'est ma façon de retranscrire ce que je voie, de m'identifier aussi ».
Un engagement qui passe par le terrain, au Mali, où il participe à des projets de réinsertion pour les enfants des rues de Bamako. Un attachement pour ce pays qui l'a poussé à composer en bambara. « Un blanc qui chante dans une langue de noirs, c'est aussi un moyen de casser les rapports Nord-Sud ».
Cécile Cailliez