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Qu'attendez-vous de l’aéroport de Quimper ?
Etienne Daho
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Michel Pronost, fondateur d'Agrauxine, société basée à Quimper, dont les chercheurs ont cherché, et trouvé, comment traiter sans pesticides la maladie du bois de vigne. : Béatrice Le Grand2001, une année exceptionnelle pour les amateurs de sauterne. Claquement de langue, douceur fruitée, l'une de ces récoltes dont le caractère exceptionnel alimente la saga bordelaise. 2001, c'est aussi un excellent millésime pour l'environnement avec l'interdiction de l'arsénite de sodium.
Ce produit, considéré aujourd'hui comme hautement cancérigène, permettait de traiter les maladies du bois de la vigne. Efficace mais aussi redoutable pour l'environnement. En clair, un poison. L'arsénite de sodium est aujourd'hui interdit en France ainsi que sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne.
La décision a provoqué quelques grincements de dents chez les viticulteurs. Car l'arsénite de sodium était le seul produit disponible sur le marché. Mais se passer de la chimie, est-ce possible ? « Au moins dans certains cas. À condition d'investir dans la recherche et d'utiliser toutes les ressources mises à notre disposition par la nature », répond Michel Pronost.
Après le karaté, l'aïkido
« On pratiquait le karaté, il faut apprendre l'aïkido », ajoute le fondateur d'Agrauxine, une petite société basée à Quimper. Répondre, par exemple, à l'attaque d'un champignon par un autre champignon. C'est le cas avec la maladie du bois de la vigne. Face aux attaques des champignons pathogènes, les chercheurs d'Agrauxine ont lancé une contre-attaque menée par un autre champignon le trichoderma atroviride. Six ans de travail, de recherches pour obtenir toutes les homologations nécessaires. L'Esquive WP est désormais commercialisé. « Avec un marché considérable en Europe mais aussi aux États-Unis. »
Des entreprises comme Agrauxine, la France en a aujourd'hui un besoin urgent. Le Grenelle de l'environnement propose en effet de retirer de la vente les cinquante molécules les plus dangereuses. Et de diminuer de 50 % l'utilisation des pesticides. Or la France, première puissance agricole européenne est aussi le troisième consommateur mondial de pesticides. « Notre chance, c'est de disposer d'un réseau dense de laboratoires et de chercheurs. Nous avions même pris une avance considérable dans les années 1980. Mais les budgets ont été ensuite affectés aux OGM », regrette Michel Pronost qui travaille avec l'Inra (l'Institut national de la recherche agronomique) mais aussi le CNRS pour développer de nouveaux produits.
Ailleurs dans le monde, les chercheurs planchent sur les mêmes questions. « Les États-Unis, l'Inde, le Japon sont bien placés », ajoute-t-il. Car l'enjeu n'est pas seulement environnemental mais aussi économique.
Patrice MOYON.
Du 20 au 30 mars, se déroule la Semaine sans pesticides : www.semaine-sans-pesticides.com
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