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Le cortège avance doucement le long de la rue Nationale. Il défile en silence devant la photo de la jeune femme affichée sur chaque vitrine. Le cortège avance doucement le long de la rue Nationale. Les visages sont fermés, personne ne pleure, mais l'émotion est palpable. Il défile en silence devant la photo de la jeune femme affichée sur les vitrines des magasins de la rue. C'est la même photo que la banderole, la même que sur les tee-shirts portés par plus d'une centaine de proches.
Arrivé sur la place Aristide-Briand, le cortège emprunte la rue du Tribunal. Il s'étire jusqu'au château. Les amis de Stéphanie marquent alors une pause symbolique face au tribunal d'Instance pour une minute de silence. Pour demander que ce crime ne reste pas impuni. Toujours sans un mot. La marche reprend sa route vers la mairie, lentement. Le cortège emprunte de nouveau la rue Nationale et se dirige vers le Tavistok, bar ou travaillait Stéphanie Ropers.
La banderole est posée contre le mur du pub. Le cortège arrive doucement, des familles de Pontivy et des communes alentours, des gens de tous les âges se massent tout autour. Le regard lointain, les deux garçons tiennent la photo de Stéphanie contre le mur. Les anonymes et les proches défilent pour poser une rose, un bouquet ou même faire une caresse sur son visage.
Le deuil de Stéphanie Ropers est un deuil collectif, que l'ensemble de la ville veut porter. Personne n'est prêt à oublier ce drame. « Nous sommes tous concernés. Pontivy n'a jamais connu une telle tragédie. Ça va laisser beaucoup de traces », confie Nathalie, une Pontivyenne. D'autres sont venus par devoir de mémoire « pour ne jamais oublier et soutenir la famille », comme Stella qui ne la connaissait pas. Il est 15 h 30 quand toutes les fleurs ont enfin été déposées devant la banderole. Il n'y a toujours aucun bruit. La foule reste là, elle ne semble pas vouloir se dissiper, présente pour la famille et les proches. « Ce que l'on vit là fait très mal. C'est aussi fort que les obsèques. C'est un second au revoir. »
Mélanie BECOGNEE.