Dans le dernier numéro de « Bretons », Jean-Marie Le Clézio estime que « Quimper est une ville magnifique en architecture, il y a simplement cette légère arrogance des Quimpérois ». Partagez-vous le point de vue du prix Nobel de littérature qui dit préférer Douarnenez « plus vrai » ?Marie-Josée (Quimper). « Les propos de Le Clézio disent avec justesse et retenue ce que j'ai toujours ressenti depuis que j'habite à Quimper (1994). Arrivant du Centre-Bretagne, où je participais (et continue à participer) activement à la vie culturelle, quel contraste ! À Quimper, en quelques mots (c'est peut-être là que certains voient élégance, modération et discrétion), on vous fait vite sentir que vous êtes quand même un peu « plouc ». Au mieux on vous ignore totalement, car, vu vos origines, ce que vous faîtes ne peut pas intéresser les Quimpérois. C'est sans doute à cause de cette « légère arrogance » évoquée par Le Clézio, que Quimper a vraiment un problème avec ses écrivains et ne les reconnaît que quelques décennies après leur mort. [...] »
Yves (Douarnenez). « Je partage tout à fait l'avis de Jean-Marie Le Clezio : je suis né à Quimper, j'y ai passé 19 ans de 1960 à 1979. Quimper est une très belle ville, mais « froide ». De mon enfance, je me souviens du « costume du dimanche » qu'il fallait porter pour « aller en ville » (nous habitions Kerfeunteun). Accueil « froid » pour les nouveaux arrivants, j'avais « presque peur » de rentrer dans une boutique, ou du moins, j'étais très impressionné. Le problème est que ça n'a pas beaucoup changé. Comme le dit J.-M. Le Clézio : « il fait bon vivre chez les Penn Sardin ».
Un témoignage anonyme. « Je suis sur Quimper depuis plus de 20 ans et je suis d'accord avec le sentiment de l'écrivain, même plus. [...] Pas de sourires, pas de chaleur humaine, pas d'ouverture aux autres. Petite ville, petite mentalité. »
Jean-Michel Manac'h (Pluguffan) cite Jacques Brel. « La ville aux quatre vents, Clignote le remords, Inutile et passant, De n'être pas un port ». (Je suis un soir d'été). » Avant de poursuivre : « J.M.G. Le Clézio a exprimé des appréciations personnelles sur Quimper et les Quimpérois. D'autres peuvent bien entendu avoir des points de vue différents et les exprimer. La limite à ne pas franchir, à mon sens, serait de dénier le droit de l'écrivain à la subjectivité. La réaction de Bernard Poignant me paraît bien proche de cette limite. Tout d'abord, par ses remarques un peu fielleuses (clichés habituels, manque d'originalité), n'illustre-t-il pas d'une certaine manière cette arrogance dont parle Le Clézio ? Mais surtout, l'invitation qu'il adresse à l'écrivain, ne s'apparente-t-elle pas à une invitation à changer de point de vue, et pourquoi pas à se rétracter ? D'autres écrivains illustres ont fustigé Quimper ou certains Quimpérois. La Fontaine dans
Le chartier embourbé : « un certain canton de Basse Bretagne appelé Quimper-Corentin [...] Dieu nous préserve du voyage ». Voltaire également, dans sa charge venimeuse contre Elie Fréron : « L'autre jour au fond d'un vallon... ». Et bien sûr Max Jacob pourtant originaire de Quimper même. Le terrain Bouchaballe lui a valu des haines tenaces au sein des élites quimpéroises de son temps. Il est aujourd'hui adulé, et qui se souvient du nom du maire de l'époque ? »
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