Cyclisme : Messieurs les coureurs, aux dossards !
Réuni en interclubs, le peloton sud-finistérien s'est élancé, dimanche dernier, à Mellac. Et c'est Cyril Méhat (VS Quimper), aux avant-postes dès le départ, qui s'est imposé face à Jean-Louis Conan (VS Scaër).
Début de saison, ce week-end. Le peloton reprend la route en Bretagne. Dans les 45 clubs finistériens l'optimisme prédomine. Pourvu que ça dure.
L'intersaison permet de se régénérer, de se refaire une santé et un moral de vainqueur. Il permet aussi d'oublier les affres des années passées. On aurait bien aimé oublier 1998, enterrer l'affaire Festina et toutes ces révélations qui torpillent depuis dix ans les effectifs de la FFC. Eh oui ! 2008 est un triste anniversaire et, paradoxalement, les dirigeants du cyclisme breton comptent sur le Tour de France pour repartir de l'avant. « Le départ à Brest est un véritable événement pour tous les amateurs de vélo dans le Finistère, souligne Bernard Calvez, à la tête du comité départemental. Ca nous apportera peut-être quelques licenciés en plus, mais pas forcément des coureurs... » Dans le Finistère comme ailleurs, c'est là que le bât blesse. La compétition a en effet du plomb dans l'aile. « Le dopage n'est pas la cause principale de la baisse des effectifs. Le danger sur la route a davantage de conséquences. Pour moi, le cyclisme se limitera un jour aux structures fermées. La piste, le BMX, le VTT ou les épreuves en circuits sécurisés ont finalement de l'avenir. »
Nous n'en sommes pas là. Sorti des zones urbaines, notre bout du Monde offre encore un cadre privilégié pour l'entraînement des coureurs et l'organisation des courses en ligne. Le Tro Bro Léon, le Tour du Finistère, les Boucles de l'Aulne proposent aux professionnels de magnifiques parcours. La Ronde finistérienne, le Trophée Aven-Moros, entre autres, font la part belle aux 1re et 2e catégories. Les juniors et les plus jeunes ne sont pas à plaindre non plus. Seules les dames se sentent un peu lésées. « Elles n'ont que deux épreuves programmées dans le département, observe Gilbert Le Fourn, responsable de la commission féminine. Confrontées aux garçons, j'espère que les plus jeunes ne vont pas se décourager. »
Les anciens sont là
Ne pas céder au découragement, c'est un peu le leitmotiv de tous les intervenants dans le milieu du cyclisme. « La fidélité du public accentue notre motivation, reprend Bernard Calvez. Chez nous, la culture course fait de la résistance. Et ce n'est pas moi qui m'en plaindrais. »
Sur plus de 250 épreuves annoncées au calendrier finistérien, seulement dix sont réservées aux Pass'Cyclistes (synonyme de vélo-loisir). Reste désormais aux coureurs à justifier la confiance des organisateurs en étoffant les pelotons du 1er mars au 6 octobre (date de la dernière course à Névez). « Heureusement que les anciens sont encore là, soulignait Jean-Louis Conan, 2e dimanche à l'interclubs de Mellac. S'il y avait assez de coursiers, je n'aurais pas eu besoin de reprendre du service. » À 48 ans, le Scaërois fait office de vétéran. Sans lui faire outrage, il faut au moins espérer qu'il ne redevienne pas le premier de la classe.
Ouest-France