Serge Le Dizet, ici avec Georges Eo, lorsqu'il était au FC Nantes, entraînera l'US Concarneau, la saison prochaine. Serge Le Dizet entraîneur à Concarneau, on en croit à peine nos oreilles ?
J'étais en contact depuis deux mois, en fait depuis mon retour de Dubaï. En France, il n'était pas évident de trouver quelque chose en Ligue 1 ou Ligue 2, où à part deux ou trois entraîneurs éjectés, la situation est plutôt stable. Non, à part des propositions concrètes jusqu'à la semaine dernière de CFA ou de National, je n'avais rien reçu.
Qu'est-ce qui vous a décidé en faveur des Thoniers ?
Le challenge concarnois m'offrait des perspectives intéressantes. Le feeling est bien passé avec les dirigeants. J'ai la fibre finistérienne. J'estime que ce challenge peut m'apporter en ce moment, avec une relation de confiance autour. Le club ambitionne de retrouver la CFA sur trois ans et surtout de s'y stabiliser voire mieux. J'ai trouvé un équilibre sportif, familial et financier à travers ce challenge. Il fallait que je vois autre chose, après avoir fait mon deuil de Nantes.
Une fin extrêmement douloureuse pour vous ?
J'ai été 14 ans à Nantes, six ans joueur et huit entraîneur. Tout a été très vite, avec mon passage des 17 ans ,aux pros. Mon limogeage a été plus dur que pour les autres coachs, car il y avait une grosse part d'affectif. Nantes, c'est là où j'ai tout connu, les joies, les victoires... Mais à ce poste-là, ça se termine souvent en eau de boudin. J'ai ensuite vécu la descente en Ligue 2 comme un second limogeage, une seconde sanction. Mais ça y est, le deuil est fait. Je repars sur quelque chose, un challenge qui me permet de me retrouver. Un truc nouveau où je vais faire des choses que je n'avais jamais faites jusqu'ici ou que j'ai peut-être oubliées. À un certain niveau, on a certains moyens que je n'aurai plus. Ça va m'obliger à me bouger. J'ai beaucoup de motivation. Depuis que j'ai donné mon accord, je me sens bien !
A Concarneau vous vous contentez de diriger l'équipe A où vous aurez une sorte de rôle de manager général ?
Le titre, c'est rien. Un entraîneur se doit de savoir ce qui se passe à tous les étages du club, même si je sais qu'il y a des gens compétents à Concarneau, que je connais d'ailleurs déjà pour la plupart. Je n'arrive pas là pour tout révolutionner. Je veux travailler avec ces gens et leur apporter quelque chose. Il faut qu'on progresse ensemble. Moi aussi, il va falloir que je découvre le football amateur.
Mais est-ce qu'on peut déjà dire que vous vous êtes engagé sur du long terme ?
On a forcément discuté de ce qui pourrait se présenter de part et d'autre. Mais pour l'instant je viens de signer. Je dois me projeter dans la vie du club. Après dans le football, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Tout peut aller très vite dans un sens comme dans l'autre. C'est pour cela qu'il faut savoir rester très humble. Mais il fallait que je vive autre chose. J'ai mûrement réfléchi à tout ce qui m'arrive. J'ai entré tous les paramètres. Aujourd'hui je suis Concarnois à 100 %.
Recueilli par
Yannick LE TUTOUR

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