À 45 ans, Thierry Henri - avec un « i » qui le distingue de son homonyme footballeur - a déjà un sacré CV. : David Le Tiec« En deux ans, je me suis retrouvé en équipe de France, à faire des championnats d'Europe et du monde. J'ai été licencié dans des clubs parisiens dotés de gros sponsors et j'ai ainsi connu une vie de semi-pro. » De retour au Triathlon club de Quimper en 2001 pour terminer sa carrière, il a finalement décidé de se concentrer sur une mission : « le partage »...
ENTRAÎNEUR DE LA SECTION PALME DE L'UNION QUIMPER NATATION. Après l'esprit de compétition, le goût de l'enseignement. Avec un accent sur la nage avec palme. « C'est une discipline méconnue car elle n'est pas olympique. Mais c'est très esthétique, tout en souplesse et en aérodynamisme (sic), comme le mouvement des dauphins. »
Une palme aux pieds et un tuba à la bouche, environ soixante-dix nageurs étaient sous les ordres de Thierry Henri cette saison, aussi bien en piscine que dans l'Odet ou en mer. Avec de très bons résultats à la clé, à l'image de cette sixième place en coupe de France, arrivée en mars comme une confirmation de la qualité de la formation quimpéroise.
Faute de moyens, Quimper ne peut pas toujours retenir ses meilleurs éléments, transformés alors en porte-drapeaux finistériens dans l'Hexagone. Parmi ceux-là, deux disputent actuellement les championnats d'Europe de nage avec palme en Hongrie : « Il y a Raphaël Kamoizan, vice-champion du monde en 2006 sur 800 m et 1 5 000 m, qui vient de finir deux fois 4e cette semaine. Et il y a Marine Grosjean, championne du monde l'an passé sur 6 km, qui n'a malheureusement pas l'air dans le coup malgré le bronze remporté avec le relais 4 x 3 km. Je suis très fier d'eux en tout cas. »
PÈRE DE CHAMPION. De la fierté, Thierry Henri en éprouve évidemment pour son fils Pierre, représentant français sur 400 m 4 nages cet été à Pékin. « Ce sera le 9 août, vers 12 h 30, prévient d'emblée le papa. Je regarderai cela en famille, car je n'ai pas réussi à acheter de ticket pour assister à la compétition... Tout était déjà vendu. » En guise de consolation, il peut se remémorer les moments forts vécus lors des championnats de France, en avril, à Dunkerque : « On y est allé avec ma femme, qui est originaire du Nord, et des supporters. Pierre avait déjà réalisé les minima olympiques à Eindhoven, il ne lui restait plus qu'à devenir champion de France pour obtenir son billet pour Pékin. Il l'a fait, en réalisant une nouvelle fois les minima ! » Tout petit déjà, Pierre Henri rêvait de Jeux olympiques. Aux côtés de Philippe Lucas à Melun puis à Canet-en-Roussillon, il a fait de son rêve une réalité. À présent, il va tenter de battre le record de France et d'arriver en finale. « Ce sera très dur, » annonce son père. Comme ce devrait l'être un peu moins avec des encouragements, une seule adresse : www.pierre-henri.info.
Yann THOMPSON.

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