Motörhead, tout en puissance. Retrouvez d'autres vidéos sur Ouest-France.fr
Il est 17 h 45 et les portes du festival s'ouvrent enfin. Derrière, sont déjà agglutinés des centaines de festivaliers. Les brumisateurs sont mis en route, histoire de faire patienter les foules encore quelques instants. Puis, c'est la grande course vers Kerampuilh. Une jeune fille passe à toute vitesse. Son look est un joyeux mix entre la météo de l'an dernier et celle d'hier. Des bottes de pluie aux pieds et un haut de bikini en guise de T-Shirt ! Les fans de BB-Brunes se mêlent joyeusement à ceux de Motörhead. La magie des Charrues ne fait que commencer.
Avec ses faux airs de dandy romantique, Adrien Gallo, le chef de file des BB Brunes, déboule sur la scène du Glenmor avec l'aplomb d'une rock-star juvénile sûre de son fait. Pourtant, perdue dans le public, Sarah, une brunette de Pierrefitte, fait la moue. « Pour des p'tits jeunes qui se lancent dans le rock, c'est pas mal. Mais c'est du déjà vu. » Le batteur cogne sur ses peaux et une caméra cyclope vient faire des mamours aux jeunes filles en transe des premiers rangs. « Ma dynamite, ma dynamite c'est moi ! », lance le chanteur en bondissant, guitare en main, au refrain de cette chanson à l'encre à peine séchée. Sur les bras tendus des spectateurs, une jeune fille s'offre un vol plané tout en douceur. Adrien, lui, n'en a cure et chante des histoires d'amour adolescentes, pimentées d'issues fatales. « Laisse-moi rentrer, ne me laisse pas dehors. Bien dommage, tu ne m'entends pas crier ! » Dommage en effet. Loin des fulgurances des Franz Ferdinand, leurs prédécesseurs sur la scène des Vieilles Charrues d'il y a deux ans, le gang des BB Brunes n'a pas réussi à dégainer le gros calibre rock qui fait mal.
Ponctuel, Motörhead. À 20 h pétantes, campé au centre de la scène, son éternel chapeau de corsaire sur la tête, Lemmy salue de sa voix d'outre-tombe, la foule d'un « Bonjour » en français au fort accent d'outre-Manche. Puis le trio engage les hostilités sans faille par un Dr Rock plombé. Le soleil n'est pas encore couché sur Kerampuilh que les trois compères enchaînent les morceaux. Un rock dur, précis, efficace, conduit à un train d'enfer. Quand Lemmy attaque Killers, les premiers rangs se lâchent. La foule est là. Et commence le premier sabbat des Charrues.
Ben Harper and the innocent criminals n'avaient plus qu'à cueillir un public en communion avant que l'intenable Pete Doherty ne déboule sur scène avec ses Babyshambles pour clôturer la première nuit des Vieilles Charrues, 17e du nom. Courage, il en reste encore trois !
Babyshambles en vidéo :
Carhaix, du 15 au 18 juillet 2010